Scraptophile

viernes, 9 de octubre de 2009

Reflexion




Une multitude sans fin d'instants sépare ces mots de mes dernières strophes blogiennes. Comme si avec l'hiver, l'ours en moi qui aime à hiberner mais se renie à le faire, s'était recroquevillé dans sa tanière. Je n'ai partagé mes inspirations et le courant d'énergies qui me traverse avec vous qu'au delà des mots. Des mots ou des pensées livrées à l'air et à l'espace. Peut-être vous ont-ils touché ou vous ont-ils apparus.
Peut être ai-je eu le désir de vivre profondémment, sans me retourner, sans m'attacher à ce passé magnifique, à ma famille que j'aime, ou à mes amis que je serre sur mon coeur. Vous n'avez cessé et ne cessez de m'accompagner pendant tout ce trajet. Vous êtes en moi comme je suis en vous.
Car la vie ne nous demande que de la vivre sans questionnement, sans détour. Sans attachement. Elle est là, elle coule. A se glisser dans son flot, à s'immerger en elle, c'est elle qui s'immerge en nous, c'est d'elle que l'on crée, que l'on voit quand réellement on regarde.

L'hiver m'a bouleversé profondémment. Il est tombé sur moi comme la nuit tombe en montagne, une fois que le soleil s'est couché derrière le versant opposé. Il m'a entouré de tout son froid manteau et m'a entrainé dans les derniers recoins de mon être. Les difficultés qui surgissent de la souffrance de chacun s'etablissent dans la relation et créent chaos et incompréhension. Comment voir la lumière lorsqu'on souffre? Lorsque Tao souffre? La souffrance est à la base de la vie, et ne pas l'accepter engendre la dualité. Entre plaisir et douleur, on choisit. Le "moi" choisit. On veut le plaisir.
De vouloir le plaisir née toute la misère de notre vie, dirait Bouddha. La base de son enseignement explique que la soif et le désir de posséder sont la base de la douleur.
Mais qu'il est dur de rester dans la souffrance. Regarder la douleur, l'observer. Tao souffre, il pleure de tout son être. De grosses gouttes perlent le long de ses joues rougies par la chaleur des émotions qui l'agitent, et par la fièvre. Les larmes tombent de son visage comme de grosses gouttes de pluie emportant avec elles le chagrin de ce bel être. Il hurle.
Ces cris hurlants, ce son plaintif poussé à son extrême paroxysme, pour enfin cracher ces ultimes gouttes de douleur, transpersent l'âme et agitent la conscience. Comment rester calme, comment ne pas rejeter cette douleur, comment ne pas vouloir qu'elle s'en aille?
Comment ne pas prendre dans ses bras ce petit ange qui souffre sans juger ce mal qui le ronge? Comment lui expliquer que cette souffrance est là, et qu'il faut l'accepter, lui faire face? Je ne l'accepte même pas. Je la rejette, la fuie, et organise toute ma structure mentale pour la faire fuir. Mes pensées, mes mots, mes actes n'ont plus qu'un seul but : faire fuir la douleur et la souffrance.
Le virus respiratoire, la bronchite, et la pneumonie ont affaibli Tao. La fatigue, l'irritabilité, et la souffrance. Les dualités sont entières et divisent notre comportement. Avec Dani, nous sommes les témoins de la violence de la maladie. Nous sommes les témoins et les hôtes de la souffrance de Tao. Dans notre non acceptation de ce malheur, nous devenons les esclaves de cette souffrance. Et nous souffrons. Nous nous attachons à cette souffrance. Nous n'avons cesse d'y penser, de la maudire, de la vénérer. Et c'est de cette ignorance dont nous nous nourrissons pour nous désunir.
L'incompréhension devient alors la source de la relation. Les émotions deviennent les rènes du carosse, et le char n'est plus soutenu que par les sens aux aguets. Chaque distraction visuelle ou sonore vient perturber l'équilibre, et le courroux du monde, la violence sauvage de la souffrance vient s'abattre sur nous-même. Comment dans ces conditions véhiculer avec pertinence la vie qui coule en nous?

L'ignorance nous conduit à la haine. Les canaux de fluidité de la vie sont bouchés. Les sens et les émotions perturbent le rythme profond et agitent le fond de la conscience. Quand le fond de la conscience est en mouvement, les remous crées remontent à la surface pour distraire et diviser. Comment voir alors le fond de la conscience, la lumière de la vie? Comment arriver à se connecter avec l'intuition et l'intelligence? Comment arriver à discerner que ce que je perçois n'est que le reflet des remous? Comment pardonner, et écouter à nouveau l'autre? Comment revenir à soi, au rythme profond de la conscience pour voir la lumière en l'autre?

En hiver, les neiges andines resplendissent sur les parois montagneuses de la cordillère, dévoilant ainsi le véritable joyau de Santiago. Les premiers rayons de soleil qui fulminent au dessus des sommets andins tissent des couleurs aux tons espantouflants.

Mais l'arrivée du printemps éclot telle la fleur qui s'ouvre au monde, et dévoile ses parfums en un instant délicieux. Tao a dépassé ses douleurs, a traversés ses souffrances. Nous aussi. Nous nous sommes arrachés à nos chaînes qui nous retenaient prisonniers de l'ignorance et de la douleur.
L'être que je hais n'est autre que l'être que j'aime. L'être que tu es n'est autre que l'être que je suis.

La santé est une des bases pour que s'établisse une terre fertile pour cultiver l'acceptation. Main dans la main, la couleur de la vie prend des teintes luminantes et des éclats fulmineux. La vie coule à nouveau.

La diminution de mes apparitions en terre bloguique m'a également permis de prendre de la distance sur le monde fictif internet. Cet univers irréel dans lequel nous nous immergeons afin de nous exprimer, nous connecter, et tout simplement communiquer est fantastiquement comode mais diaboliquement pervers. La facilité, le nectar ultime de notre consommation quotidienne de conforts, nous permet de choisir de vivre une vie lointaine, sans s'exposer. Perdre le fil de la vie même, la relation directe est une évidence des conséquences qui nous guettent. Avec Facebook, les autres sites de socialisation et les millions de gens que l'on peut connecter, l'on peut compartimenter notre temps, pour donner des miettes de nouvelles aux gens que l'on choisit ou non de ne pas voir. On peut se sentir content d'avoir tant d'amis, pourtant on ne partage que des mots tappés sur un clavier d'ordinateur. De même que sur un blog... Merde, avant on prenait ses bottes et son cheval et on partait sur les chemins à la rencontre du monde.
Mais ces mots virulents envers ce monde irréel ne sauront cacher les tonnes de bénéfices et facilités qui en découlent. D'où le danger.

Le premier piège diabolique de la sphère web est la distraction. A se connecter sur internet, comment ne pas être impacté par les millions - pour ne pas dire trillards - de stimuli qui viennent titiller notre conscience? Flashs visuels, nappes sonores, mots tranchants, rapidité d'action, fluidité de navigation... il n'est pas difficile d'imaginer à quel point le fond de notre conscience se met à vaciller sous l'impulsion de toutes ces distractions. Les fluctuations des cellules de notre cerveau, le sur-régime de nos neurones et l'activité inconsciente de notre esprit capturent nos sens vers l'exterieur, déséquilibrent l'harmonie intérieure et entraînent instabilité mentale et émotionnelle.

Je travaille avec les enfants de l'alliance française. Ces jeunes gens de 6 à 10 ans sont un laboratoire permanent de réponses à ces stimuli. Quasi tous ont téléphones portables avec internet, i-pod et dernières consoles numériques portables. Quand je leur demande de s'assoir en rond et fermer les yeux 30 secondes, je m'apperçois médusé que le crépitement des pixels et la rapidité de la connexion internet de leur mobile se retranscrit dans le bouillonnement de leurs paupières. Leurs yeux continuent de suivre inconsciemment le mouvement de je ne sais quelle distraction, et leur instabilité interne les force à se mettre à parler, ou écouter, ou toucher... Bref, à l'immobilité d'un de leur 5 sens, ils répondent à l'exteriorisation complètes des 4 autres!
Mon dieu, dans quel monde vivons-nous pour que le désordre de l'empire des distractions de notre monde materiel s'immisce de cette façon dans la conscience de nos fils et nos filles? L'absorption de ce chaos de fluctuations engendre un niveau de stress et d'instabilité qui est absolument déroutant. Et les enfants ne sont que les miroirs des grandes personnes qu'ils idolatrent et reproduisent. Quel modèle leur proposons-nous?

Tant qu'il reste des forêts avec de grands arbres véritables, des plantes vénérables, des collines et montagnes idylliques, de somptueux lacs de diamant, je me demande quel conflit intérieur, quelle résistance sous-terraine nous pousse à continuer ainsi et vivre un monde materiel dans un environnement superficiel.

O courant propice du fleuve de la vie, toi que je vénère et que secrètement attends, emmène-moi dans ton immanence et donne moi la force de quitter ce chaos urbain pour venir établir ordre et beauté au sein même de la nature.

lunes, 6 de abril de 2009

Tao : naître et renaître

Le voici, le dernier opus de mes hémisphères pas très sympathiques ou si d'ailleurs. J'ai cru plusieurs fois perdre mes organes à essayer de le terminer. Le logiciel que j'utilise a salement tiré la langue. Je crois que je l'utilise au delà de ses capacités de stockage, ce qui provoque des bugs sidéraux. Mais j'ai réussi à sauver le plupart de la chanson que voici...

Ecoutez la au casque, car le son est toujours roots. C'est enregistré au micro direct du mac!

Bien des bisous

viernes, 13 de marzo de 2009

Nouvel an 2009

Quelques photos du nouvel an 2009?
Fantastiques instants à Algarrobo, chez des amis. Tao retrouve Max, son meilleur pote, ainé de 2 mois... Retrouvailles parfois difficiles, puisque Max fait la loi avec ses mains et ses coups, et Tao ne se défend que pacifiquement, en tendant l'autre joue ou en pleurant... Loi de la jungle à l'océan, et merveilleuses ballades sur des plages sauvages.

http://picasaweb.google.fr/stephane.wintenberger/AnoNuevo2009?feat=directlink

sábado, 7 de marzo de 2009

Le premier bain de Tao

Il a fallu aller au fin fond de la cordillère des Andes, dans une source thermale pour qu'enfin Tao délaisse ses peurs quelques instants et accepte de se laisser aller dans une communion pacifique avec l'élément Eau.



Pourtant l'eau le fascine, et jouer avec ne lui pose guère de soucis. Toutefois, aller à la mer déclenche en lui une double méfiance : d'abord la force et le bruit des vagues, et ensuite l'eau glaciale...



Ainsi, dans une eau tempérée, et dans les bras de son père, il a accepté de se livrer à l'inconnu, et preuve en est, la félicité s'est mélée à la baignade!

Pour plus de photos, clique sur le link : http://picasaweb.google.fr/stephane.wintenberger/BanosMorales#


jueves, 19 de febrero de 2009

Tao à la plage



Si, comme Tao, tu désires surfer la vague et profiter de la magie de l'été chilien, clique sur le lien ci-dessous, et laisse toi emmener sur la deferlante du pacifique. Observe ce petit homme déployer ses ailes d'ange et prendre l'air pur d'une inspiration sans fin :

http://picasaweb.google.fr/stephane.wintenberger/Verano2009?feat=directlink

viernes, 30 de enero de 2009

Le changement

Depuis plusieurs mois, me voilà instructeur de hatha-yoga. Suite à 18 mois de formation à l'academia chilena de yoga qui m'aura vu affronter des efforts constants, des périodes d'apprentissage intense (l'espagnol, l'anatomie, la philosophie...), qui m'aura vu devenir père de Tao, m'installer peu à peu dans ce Chili accueillant. Quand je regarde derrière moi sur ce parcours magique, j'éprouve un gracieux sentiment difficile à réduire en un simple mot. Peut être s'agit-il d'une fierté honorable, ou d' une reconnaissance humble de ma pensée, de mon ego, ou de mon âme?
Ou alors s'agit-il d'un des premiers effets concrets du yoga? Ne s'agirait-il point de résidus intangibles d'un vaste bonheur qui habite l'être quand on est aligné? Par là, j'entends le sentiment de paix et de joie simple qui flotte quand on se sent au bon endroit, au bon moment. Dans l'instant présent. Le mental a relaché un peu son discours constant et occupant, et de l'espace interne surgit une harmonie douce qui permet une attention, une patience, une empathie totale teintée d'amour et de compréhension. L'alignation, l'alignement. En yoga, au travers de techniques corporelles et mentales, on apprend à aligner le corps et la respiration. Ensuite on apprend à observer ce qu'implique s'aligner à la respiration, à l'organique. On découvre la contemplation et la méditation. Pas à pas. Et puis s'aligner devient aligner les mots aux actions, aligner les pensées aux actes et à l'instant. Aligner le tangible à l'intangible, le corps à l'esprit, l'esprit à l'âme, l'âme à l'univers?
Yoga signifie union. Cette notion d'unification, d'intégral est si profonde comme les grandes crevasses des glaciers de la grande chaîne de l'Himalaya.


De la théorie à la pratique, ce cheminement nouveau m'aligne dans une direction où je me sens bien, où je me sens à l'aise, où je me sens moi-même. Maintenant je connais l'importance de travailler dans un cadre qui me correspond, dans un système qui ait du sens pour moi. Je me découvre petit à petit chaque jour. Je découvre les joies du travail, les joies d'aider, et de prendre part à cette grande valse que nous offre la vie.

Travailler et continuer d'étudier et d'apprendre. Ma pratique personnelle me permet de retransmettre à mes élèves des sensations, des indices, des clés qui ouvrent les portes d'un univers de conscience. Je me sens plus élève qu'instructeur, et de cette base sacrée se transmet la fluide énergie de l'apprentissage. Autant lorsque j'enseigne que lors d'une classe avec un autre professeur, l'enquête est la même, et les possibilités infinies... Et de cette répétition jamais identique, naît une observation, une compréhension intuitive sur les tensions du corps, les résistances physiques, les aspects énergétiques et les fluctuations de la respiration et du mental. Un long chemin pour la vie.

Partager ces découvertes avec toi me nourrit, me réjouit. C'est si bon de partager. Souvent je voudrais le partager autour d'instants sacrés, tels ceux que nous avions et que nous eûmes. Alors si tu te sens connecté, sache que même si les Andes sont de hautes montagnes, que l'Argentine a de vastes prairies, et que l'océan est spacieux, il n'y a pas de distance ni de limites pour ce genre de connections.

lunes, 22 de diciembre de 2008

Savoir regarder

L'attention, quand elle est présente, nous apporte une vue instantanée, sans détours, de ce qui est. Un objet est perçu tel qu'il est. La pensée se calme, de l'espace se crée et permet un regard neuf et frais. Sans idées ni préjugés, sans automatismes ni mécanismes.



Il suffit de voir la pupille bien ancrée dans l'oeil pour se rendre compte que le regard qui se porte sur l'objet est imperturbable. L'observateur est-il l'observé? Y a t-il fusion entre les deux?