Scraptophile

lunes, 22 de diciembre de 2008

Savoir regarder

L'attention, quand elle est présente, nous apporte une vue instantanée, sans détours, de ce qui est. Un objet est perçu tel qu'il est. La pensée se calme, de l'espace se crée et permet un regard neuf et frais. Sans idées ni préjugés, sans automatismes ni mécanismes.



Il suffit de voir la pupille bien ancrée dans l'oeil pour se rendre compte que le regard qui se porte sur l'objet est imperturbable. L'observateur est-il l'observé? Y a t-il fusion entre les deux?

domingo, 21 de diciembre de 2008

L'année touche à sa fin, et depuis longtemps bouillonnent en moi des lignes d'inspiration pour lesquelles assouvir une envie de partage des dernières anecdotes, des derniers tournants de vie, est devenu une terre promise, un refuge saint dans lequel a pris source l'espoir de secrètement venir se refugier quelques instants en position fétale.
L'année 2008, drôle de numéro pour un drôle de concept. En tout cas, la vie coule. Life is flowing. La vida fluye. C'est très intense.

Ces derniers mois ont esquissé une fresque sur laquelle les marques de nos vie ont pris des courbures significatives. Des élans et des directions qui, j'en ai la sensation, auraient pu être tout à fait autres. L'Energie nous a entrainé dans de grandes incertitudes, des faux-pas, des allers et retours, qui une fois de plus nous invitent à observer avec plus d'attention. La vie nécessite de l'attention. Vivre la vie ouvert et alerte, voilà un beau défi.



Les brumes de la Serena...
Destination enchantée et berceau des nuages, la Serena m'aura tour à tour séduit et non convaincu. Bien au fond de moi, l'amour de trouver ma plage et mon paradis reste intacs, inviolé. Tout se passe si intensément, que les choses auraient pu être bien différentes. Créer une école de yoga, un autre projet de mon coeur, est remis à plus tard. A autre part...



Mettre en place un projet est excitant : perturber certains repères, bousculer certaines limites, franchir d'autres barrières. Cela ouvre l'horizon. Cela crée une dynamique.
Mais le projet ne s'est pas concrétisé, sans doute certaines résistances internes encore non identifiées font bloquage. Très bien, observons et voyons la suite. A Santiago, nous avons déménagé pour un style de vie plus roots. Plus ouvert, plus authentique. Avec Tao qui s'épanouit autour de tout ça...

martes, 4 de noviembre de 2008

Del Mar a la Tierra - movimientos opuestos

L'appel de l'océan et des sirènes fut si fort et si envoutant, que nous échouâmes dans je ne sais encore quels récifs... Notre coque brisée sur des dents de terre et de pierre, broyée par les forces du continent qui nous retiennent prisonniers.
L'aventure de la Serena s'en est allée peu à peu dans nos esprits embrumés. A croire que la dualité même de l'univers s'est encore une fois exprimée de toute sa splendeur cosmique. Mouvement - mouvement opposé. La loi primaire de l'univers nous a une fois encore pris dans son imparable courant.



Nous resterons donc un peu plus dans le chaotique Santiago. La ville et ses maillons innombrables nous retiendra une fois de plus dans son infernal bouillonnement. Malgré tous nos désirs d'enfin se libérer de l'urbanisme et de ses lois inaffranchibles, force est de constater que les désirs furent de trop. Il nous manqua l'action. Trop de désir, trop de mouvement dans une driection, nous entraine immanquablement dans la direction opposée?

domingo, 7 de septiembre de 2008

Les voix de la Sirène

Les entendez-vous, au loin? Ces chants si purs qu'ils cristallisent chaque note de musique en une vibration tant profonde et parfaite que la moindre oscillation pertuberait l'ordre même du monde.
Elles m'ont envouté. Mon âme s'est perdue - ou trouvée? - à leur appel, et jamais plus je n'oublierai ces voix magiquales.



Une bien longue absence de nouvelles... Pardonne-moi lecteur, toi qui suis ces tirades passionnées et ces extraits de vie du bout du monde. La vie nous entraîne parfois en de bien vastes horizons, et rassembler chacune de ses pensées, chacuns de ses désirs, et chaque projet en un point central et unique devient parfois la raison même de vivre, n'est-ce pas?

Ainsi, qualifier de "souffle profond" l'élan qui m'entraîne à entreprendre, n'est nullement une hérésie euphorique ni le quelconque premier prix d'un concours de circonstances. Je l'avais annoncé il y a quelques temps maintenant. Avant de partir pour le Chili... A la question "mais diantre, que vas-tu faire là-bas", des parodies de réponses surgissaient en moi, tels des bulles d'inconscient qui remontent à la surface : "repartir à zéro, me former, et ouvrir un lieu". Cela se devait d'être une entreprise avec de l'esprit, du caractère, et un reflet limpide de qui je suis - ou crois être. Entre tous les éclats artistiques, esthétiques, oniriques, thérapeutiques, naturels, mathématiques, et spirituels qui composent mon être, un puzzle des profondeurs s'est ainsi formé, respectant l'ordre immuable dont chaque être dispose au fond de lui même. Le maître intérieur.
Cette renaissance se fera à travers le yoga, était-il écrit en moi. J'eus la chance d'entendre ces mots prononcés par le maître intérieur.


Ces longues absences bloguiques dévoilent donc la phase d'intense maturation dans laquelle je bois la tasse et nage avec grâce. Dans un savant mélange d'investissements personnels et de stratégies aventurières, notre petite famille tend dans une direction que tous les vents désignent avec ferveur : la Serena.
Ville côtière du pacifique, située à 60 km de la cordillère et de la vallée de l'Elqui, à 500 km au nord de Santiago, cette ville sera notre prochaine destination si tout se passe bien. Tao, lui, en est déjà ravi. Il se voit déjà rider son tricycle le long de l'océan, en admirant chaque jour le spectacle unique des couchers de soleil sur le pacifique. Dani, elle, se prépare intensément et joyeusement à notre glorieux projet : elle suit un cours de formation en massage ayurvédique. Quant à moi, j'approfondis jour après jour la pratique du yoga, et mes connaissances en bio-énergétique. Tous dans la même direction!
Le projet est donc d'ouvrir une école de yoga à la Serena, avec centre nutrition-alimentation, massages, et ... toutes les belles choses qui viendront ensuite. Savourer les fuits ramassés.

sábado, 9 de agosto de 2008

Miracle!

Ceci est le 100ème post que je livre à ce blog... Il sera sous le signe de la divinité!


"C'est l'absolu, l'Océan de la Puissance, qui se trouve derrière tous les phénomènes. Notre soif d'activités superficielles tue en nous le sens du spirituel. Nous sommes dans l'incapacité de comprendre la Vie dans son immensité, sous-jacente au nom et aux formes, parce que la science nous offre le moyen d'exploiter la nature, familiarité qui nous fait mépriser ses ultimes secrets.
Nos rapports avec la nature sont d'ordre pratique; elle ne nous intéresse que pour autant qu'elle nous sert: nous en utilisons les énergies, dont la Source nous reste inconnue. Dans la science, notre relation avec la nature est comme celle d'un maître arrogant envers son serviteur; dans un sens philosophique, nous la traitons en quelque sorte comme une accusée devant le tribunal : nous l'interrogeons, la provoquons, pesant se déposition sur les balances de la raison humaine et limitée, incapable de sonder ses valeurs cachées.
Par contre, lorsque l'ego communie avec un pouvoir suprême, la nature obéit automatiquement, sans contrainte, sans effort, à la volonté de l'homme. Cette maîtrise spontanée de la nature, le matérialiste, incapable de la comprendre, l'appelle "miracle"."

Autobiographie d'un yogi, Paramahansa Yogananda

jueves, 7 de agosto de 2008

Les mots de Patanjali

II. 2.

L'objectif du Yoga est l'état de pure conscience. C'est en atténuant les causes de souffrance que cette pratique va agir. Il n'y a rien à prendre, à vouloir acquérir, il suffit d'atténuer, réduire, abandonner, lacher.
Ce qui nous tourmente, c'est tout ce qui nous encombre, ce qui étouffe en nous la joie qui naît de l'adhésion au moment présent.
La souffrance, c'est l'intrusion dans le présent du passé ou de l'avenir, chargés de souvenirs ou de projections qui altèrent la perception de la réalité.

II. 4.

L'inconnaissance du réel, l'aveuglement, est bien le champs clos où s'affrontent toutes nos dualités, toutes nos pulsions contradictoires, toutes nos émotions.
L'émotion refuse ou se laisse emporter. Dans les deux cas, on se dissocie du mouvement de la vie en laissant se glisser entre la vie et soi un jugement, même implicite, une réaction. On est alors décentré, périphérique, désuni, et la souffrance s'installe.

II. 8.

Le désir et le refus, deux attitudes opposées, différentes de la seule qui soit adéquate face à la vie : dire oui à ce qui est.
Face aux propositions que nous fait la vie, nous avons souvent l'une de ces deux attitudes. Elles nous viennent de nos expériences dont la mémoire crée en nous des habitudes de comportement. Nous agissons de façon automatique, non-consciente.
Le refus est lié à la peur de souffrir.

Extraits des Yoga-Sutras, Patanjali 200-500 AC.

jueves, 17 de julio de 2008

Matin administratif

"Compte tenu des éléments que vous avez saisis, le montant de votre impôt net à payer s'élève à 0 € (auquel il faudra ajouter 603 € de contributions sociales supplémentaires)"

Extrait du site des impôts suite à ma déclaration d'impôts, certes réalisée bien à la bourre...

Bien sûr... Même loin, la France et ses toiles douces de tissu social continue à nous faire rêver. Je gagne même pas ma vie ici, et j'ai ce sentiment depuis que j'ai débarqué ici que la France s'essuie les isquions et toute la partie périphérique avec notre numéro social imprimé sur des linceuls de soie. Aucune aide n'est disponible pour nous français de l'étranger. C'est à peine si on se fait pas engueuler par l'ambassade ou le consulat quand on vient demander de refaire une carte d'identité... la preuve j'en ai profité pour tout faire refaire en France lors de mon retour.

Bref, on est content de plus habiter la France pour ne plus payer d'impôts...

Comment ça ne plus payer d'impôts? A bah, l'année dernière, avec les 1000 euros que j'ai dû gagner dans l'année, il m'a fallu payer les impôts de l'année précédente (le fameux N - 1). Soit le triple ou quadruple de mes recettes.
Et cette année, heureux et soulagé d'enfin avoir quitté le monde des payeurs d'impôts, je découvre médusé l'existence subtile de ces contributions sociales. La sangsue te colle au cou, camarade.

Je me joins à la danse des vampires inconnus.

miércoles, 16 de julio de 2008

Famille

Notre voyage en France a marqué la première visite de Tao dans son second pays. Première aventure riche en cinétique et mouvements. D'un hémisphère à l'autre, d'une terre à l'autre.

Le retour en France fut d'abord une occasion de panser les plaies de la dispersion. L'éloignement, même s'il est accepté et bénéfique en de nombreux domaines, n'en reste t-il pas moins une source de douleurs? La famille, même si elle est aérée et touchée par la magie des mondes, n'en est que plus heureuse que lorsque la réunion enfin est accomplie.


60 ans, et la jeunesse à l'intérieur!




Visite chaleureuse et très reposante auprès "des nôtres". Le clan s'est reformé : Papinou et Mounette, les grands parents ravis sont des hôtes "generosimo" et même une arrière grand mère heureuse qui n'oubliera pas de si tôt le tumulte merveilleux de Tao et sa charmante cousine Camille.
Un frère et sa famille. Un autre frère et sa famille. Une soeur - tante ravie. Cleveland, Paris, Santiago, Belgique, Lyon, il y a de l'espace dans cette famille. Et quand enfin elle parvient à regrouper ses membres, alors comme un calme millénaire surgit. L'unité s'enracine entre les êtres, et beaucoup de joie et de simplicité renaît.

Oncles, tantes, cousins et amis, que l'on suit depuis toujours!

Inspiration...




Dresse toi, petit Tao. Tu vaincs la force de la gravité et peu à peu les mystères insondables du corps et de l'esprit humain se livrent à toi.


Tu marches dans le monde, petit voyageur. Que tes yeux voient bien plus loin que ce sur quoi ton regard peut se poser. Ouvert et agile ton esprit vif agite ce petit être que tu es.


Quelques mots jaillissent :

La grande roue de la vie tourne, "big wheels keep on turning". D'épisode à épisode, de nouveaux horizons sont découverts. Des pas sont faits. La confiance comme résultante et conséquence de l'action envahit l'être. Le "shine" survient.
Puis s'ensuit une longue période contemplative. Une réflexion. Une analyse.

Chaque fragment est disséqué, décortiqué, et peut être même digéré jusqu'à ce qu'enfin, cet appétit insatiable soit repu. La bête se cache, honteuse. Retourne à ton confort, sommeille, tout va aller bien... Ô dualité profonde, pourquoi ne m'épargnes tu point?




L'inspiration va revenir, et très bientôt un vent de création va venir un peu parfumer cet univers voodoo. Agir!
Car pour expirer - ou créer - le mouvement opposé n'est-il pas d'abord requis? Vider... Lacher ... souffler jusqu'à la dernière goutte... Pour mieux atteindre l'inspiration , ou expansion, phénomème de contraction de cette immense somme de possibilités que l'on nomme "création", qui correspond au mouvement d'extérieur vers l'intérieur. Comme si l'esprit universel nous pénétrait et nous permettait de mettre en valeur son infinie richesse et son éternelle beauté.

domingo, 11 de mayo de 2008

L'interieur est l'exterieur



Immense est la voie vers la croissance et le développement humain. Tao est dans cette phase où l'investigation est le seul chemin vers l'extérieur. L'intérieur est l'extérieur, car réellement l'enfant puise à la source de l'instant tout ce qu'il est. Et l'intérieur, l'enfant lui-même, est tellement dans un changement permanent, que l'instant lui-même en est chaviré.
Je crois n'avoir jamais vu Tao deux fois identique. N'est-ce d'ailleurs pas comment il serait si beau que nous nous conçevions nous mêmes? Imaginez porter votre regard sur les choses comme si c'était chaque fois la première fois. Imaginez une vision, tellement intense qu'elle coupe tout le fonctionnement de la pensée, et que seul le silence réponde à la beauté de ce qui est.
Imaginez votre esprit, si libre que jamais il n'émettra le moindre jugement sur quoi que ce soit, que seulement il observera et savourera ce qui est autour de lui. Un esprit qui jamais ne va se plaindre, feindre, comparer ou mémoriser. Un esprit qui va se nourrir de la beauté de la réalité et demeurer honnête, propre, et virtueux.



Tao a fêté son premier anniversaire mercredi. 365 jours après sa naissance, il est devenu lui même, un petit être qui occupe son espace, ressent ses émotions, ses douleurs et ses plaisirs, et glisse dans la vie comme un papillon.
L'énergie d'un esprit frais comme le sien est si pure que l'espace lui appartient. Il joue dans l'univers!

sábado, 19 de abril de 2008

Sur le stress ...

Le stress, avant de l'étudier, me paraissait tellement lointain, tellement vague, si difficile à définir... Je le sentais en moi à travers les devoirs, les obligations, ou les contraintes. Je sentais qu'après de longues et interminables querelles intérieures qui me plaçaient en un état de division, il me poussait enfin à m'activer, à passer à l'action, mais bien souvent dans une violence aveugle.
Le stress, ou cette chose en moi pleine de palpitations et d'oscillations de ma pensée, m'envahissait l'esprit et ne me laissait plus respirer. La majeure partie de mon esprit se focalisait sur cet objet de mes pensées, et en faisait un objectif primordial, immédiat et obligatoire. Tant d'énergie dépensée...



La loi de l'univers est le mouvement. La vie humaine n'y échappe pas. Le rythme universel est formé par deux mouvements qui s'alternent: l'activité (dilatation et contraction) et le repos.
En étudiant ces deux phases, on s'apperçoit que l'activité que l'on effectue au quotidien est bien souvent réalisée en sur-régime. Sans conscience, violamment, en forçant. Sans regarder, sans écouter ce qui se passe autour de nous.
Le repos signifie suspendre l'activité totalement. Il est composé de 3 éléments :
- repos partiel : on substitue un type d'activité par un autre. Par exemple remplacer une activité mentale par une activité émotionnelle ou physique.
- repos intermédiaire : sommeil profond
- repos général : relaxation consciente à un niveau corporel, mental et émotionnel (il existe des techniques dédiées à ce concept).
D'une manière généralet, le repos est effectué sous forme d'activité expansive, extroversion, divagation mentale, ou sommeil. Mais hélas aucune de ces dernières ne produit un repos total, de telle sorte qu'il subsiste perpétuellement une vague sensation d'insatisfaction pour ne pas accomplir totalement la seconde partie du rythme universel : le repos.

Tension et stress :
Si l'esprit est tendu, l'estomac le sera également, donc le système circulatoire se tendra lui même, et se crée ainsi un cercle vicieux qui abîme la santé, la qualité de vie, la clarté de la perception, et la possibilité d'accéder à des niveaux de conscience plus élevés.

Une tension peut être de différentes formes:
- musculaire : relation avec le corps, le système nerveux et les déséquilibres endocriniens (qui produisent les hormones).
- émotionnelle : provient des dualités amour/haine, succès/échec, bonheur/malheur... Ces tensions sont difficiles à évacuer, car difficiles à repérer. En effet, nous réprimons beaucoup d'émotions, de tensions, qui chaque fois sédimentent plus profondément dans notre inconscient.
- mentale : résultat d'une activité mentale excessive. Notre esprit est un tourbillon de fantaisies, de confusions et d'oscillations. Chacune de nos expérience est enregistrée par notre conscience et s'accumule en nous, dans notre esprit : le corps mental.
Parfois, lorsque nous sommes furieux, tristes, ou irrités, nous attribuons une cause superficielle à notre état, alors que bien souvent la raison réelle se situe au niveau des trop nombreuses strates de sédiments qui constituent notre corps mental.

Selon la philosophie du yoga, l'être humain est une entité spirituelle composée de différentes enveloppes. Le corps le plus basique correspond au corps physique (annamayakosha), celui que l'on voit, qui est constitué de chair et d'os. Le corps le plus subtil est invisible, externe, et est constitué d'énergie vitale ou prana (pranamaya kosha). Quand on parle d'aura, on évoque ce dernier.
Lorsqu'il se produit une accumulation d'energie ou de prana, qui ne trouve pas de voie de sortie, celle-ci reste coincée entre deux corps, comme un parasite. Ainsi apparait la tension.

Le stress :
Le stress est la réaction physiologique et psychologique d'une personne face à un stimulus qui provoque conflit, confusion, peur, incertitude ou tension émotionnelle.

"La réaction de lutte ou de fuite"
Nos ancêtres homosapiens cromagnon et néandertal constituent la naissance de la conscience humaine et la base du développement du processus évolutif qui créera des millénaires plus tard nos petits cerveaux et nos consciences personnelles.
Ces hommes primitifs évoluaient alors dans un environnement hostile. Il n'y avait pas d'aliments facilement disponibles, et il leur fallait chaque fois partir en quête... souffrant du froid, de la faim, et des menaces d'autres prédateurs. Confrontés à ces situations, ils n'avaient que deux alternatives : lutter ou fuir.
Lors de la réponse de lutte ou de fuite se produit une réaction psycho-physiologique immédiate : augmentation de l'activité sympathique de l'hypotalamus et du sytème endocrinien, préparant le corps à une action de protection vis à vis du danger imminent.
L'hypotalamus et le système endocrinien produisent notamment l'adrénaline, la noradrénaline, et le cortisol (libérateur d'énergie, notamment de la force musculaire), qui accélèrent le rythme cardiaque, augmentent la force des contractions du cœur et la capacité de coagulation du sang, et entrainent une hausse de la pression artérielle. L'objectif commun de ces hormones est d'aider à mobiliser de l'énergie en libérant des acides gras des dépots de graisse et de glyocgène du foie.
En conséquence, de multiples actions se produisent également dans le corps entier : on peut notamment citer vasocontriction de l'estomac et des intestins et vasodilatation des muscles squelettiques (le tout engendrant bien évidemment une libération d'hormones qui agit sur le système immunologique et a un effet antiinflammatoire).


Deux grands types de stress :
- stress physique : par faute de froid, chaleur, blessure, douleur, déficience au niveau de la nutrition, manque de sommeil, fumer excessivement, abus de drogues et d'alcool, injections, manque d'exercices ...
- stress psychologique : lorsqu'on attribue une caractéristique négative à la situation. On perçoit cette situation comme une menace, et cela engendre une réaction d'incertitude.
Lorsqu'une personne se sent en carence de réponses adéquates pour gérer une situation, surgit cette catégorie de stress. Lorsqu'une situation se passe pour la première fois... , lorsqu'on ne comprend pas ou que la situation apparait incertaine..., apparaît ce stress. Comme si notre système de contrôle de la situation (la pensée?) n'acceptait pas l'inconnu et se laissait asphyxier...


Les études scientifiques ont montré qu'à l'égal de ses ancêtres, l'homme d'aujourd'hui subit également cette réaction involontaire de lutte ou de fuite. La réaction neuro-endoncrine et ses effets est la même.
Cependant, le stimulus qui génère la tension est différent. Nos stimulus modernes sont beaucoup plus complexes. Auparavant, il s'agissait d'une objet réel, palpable directement : par exemple un mammouth, ou une meute de tigres à dents de scie...
Aujourd'hui, le stress peut se déclencher à partir d'une discussion, à cause de laquelle se produit une expérience indirecte de la situation stressante. En effet, la situation stressante laisse une représentation mentale qui "hante" l'esprit en apparaissant et disparaissant à son gré. La mémoire, les souvenirs, la pensée... "j'aurais du dire ça", "mais j'ai dit ça...", les émotions associées à la situation, et qui restent conditionnées à l'image. Comme conséquence du fait de se remémorer la situation, on re-expérimente l'émotion désagréable, et l'organisme subit les réactions du stress constamment.
Le corps n'a pas le temps de revenir au niveau de repos. La personne est active constamment, même quand elle est éloignée en temps et en espace de la situation stressante. Les soldats qui ont connu la guerre en sont un exemple frappant. Il suffit de voir ce qu'a laissé le Vietnam à Walter : "I'm talking about drawing a line in the sand, dude. Am I wrong!? "

"S'exprimer dans l'action"
Une différence majeure entre cromagnon-neandertal et nous-mêmes est que ces premiers déchargeaient leur tension et libéraient l'énergie accumulée par les dangers : cris, hurlements, luttes, courses... ensuite, après avoir tué la bête, ils trouvaient refuge et leur organisme pouvait revenir à un état normal. L'homme actuel, évoluant dans une société socialement moins libre et tolérante qu'au néolithique, se libère rarement des tensions qu'il accumule.
Que se passe t-il donc avec toute cette stimulation nerveuse, sanguine, endocrine, respiratoire, musculaire, cérébrale et mentale, avec laquelle le corps s'était préparé pour une action qui n'eut jamais lieu? Rien. Toute cette activation se conserve dans le corps sous forme de tension.



Lutte ou fuite?


Lorsque le stress est maintenu pendant un certain temps et qu'il est intense, les réserves d'énergie s'épuisent et il devient extrêmement difficile de les recharger. C'est alors qu'apparait la fatigue.
- niveau physiologique : lorsque le stress est maintenu, la personne présente des réactions à niveau biologique : froid aux mains et aux pieds, peau huileuse, transpiration des mains et des pieds, gaz, diarrées, contracture d'estomac, acidité stomacale, palpitations, rougeurs au visage, sensation de chaleur, tremblement de mains, respiration haletante, altération du sommeil, augmentation de la pression artérielle, réactions à niveau cardiaque et cellulaire...
- niveau psychologique : lorsque l'on subit une situation stressante un certain temps et que les réactions sont intenses, il se produit anxieté, peur, inquiétude, irritabilité. Si la personne ne parvient à trouver de recours lui permettant de sentir qu'elle peut éviter le danger ou la situation menaçante, se produit un sentiment d'agression. L'agression dérive de la situation interne chaotique qui surgit par le stress se libérant violemment vers l'extérieur.


Les causes du stress :
Une situation stressante apparaît lorsqu'un déséquilibre survient entre les exigences imposées à l'organisme ou la personne par le milieu, et la capacité de la personne à gérer et répondre à ces exigences.
Le stress peut surgir d'une surcharge ou, à l'inverse, d'un manque :

- Excés d'effort physique : travailler avec le corps implique à un moment le besoin pour le corps de repos. Si malgré la demande du corps, le travail continue, un sur-effort se crée et produit de la tension.
- Excés d'effort mental : activité intelectuelle ou attention mentale prolongée ou intense, surcharge soutenue de préoccupations...
- Excés d'effort émotionnel : lorsque l'on expérimente des situations émotionnelles négatives de forme soutenue, surtout lors des relations avec la famille, le couple et les amis.

- Inhibition physique : lorsque l'on veut réaliser quelquechose et que l'on ne peut pas, cela génère tension
- Inhibition mentale : lorsque l'on sent le besoin d'exprimer ses capacités intelectuelles ou artistiques sans le pouvoir
- Inhibition émotionnelle : lorsque l'on désire démontrer son affection et que l'on ne peut pas
- Pulsions réprimées : tendances, désirs ou souhaits qui ne se réalisent pas, que l'on n'exprime pas et que l'on réprime

Cause externe : lorsque nous sommes face à une situation et nous la percevons menaçante : un voleur nous attaque, l'auto devant nous freine brusquement ...on réagit face à une situation présente.

Cause interne : il s'agit de quelque chose que nous pensons ou imaginons comme une menace, et qui n'est pas présente. Ce sont les pensées négatives, qui parfois sont inconscientes.
De même, se rappeler une situation de conflit constitue une cause de stress.
Enfin, les contradictions internes : lorsqu'une partie de nous désire quelque chose et qu'une autre s'y oppose (par exemple, je veux changer de travail car ce dernier me fait horriblement chier, pourtant j'y stagne avec mon lot de peurs et d'incertitudes... du déjà vu?). Ce point met en lumière le rôle de la pensée (le garde-fou), de l'égo et du désir. A vouloir quelque chose, en projetant un désir ou un objectif, on crée implicitement une division et une source de conflit et de stress. Si l'on regarde la façon dont fonctionne la société des hommes aujourd'hui, ce dernier point peut faire peur, mais surtout nous éclairer sur les êtres "éclatés", divisés, et non-centrés que nous sommes.

La vie moderne - et urbaine - et le stress :
Les conditions hautement stressantes de la vie moderne font que le mécanisme de stress agit en nous de façon permanente. La vie devient parfois si complexe, aliénante et confuse, que de nombreuses personnes ne parviennent ni à freiner, ni à ralentir pour trouver un havre de repos, ou un instant de relachement - et ce, même lorsqu'ils en ont l'opportunité.
Les besoins humains physiologiques, de sécurité, d'appartenance, d'estimation et auto-réalisation génèrent préocupations, tensions, frustrations et conflits. L'avons-nous observé au quotidien? Tensions, frustrations et conflits génèrent effondrement mental et maladie physique. Le sentons-nous au quotidien?
Hier, la médecine a mis fin aux grandes plegues du passé, trouvant des remèdes aux nombreux maux des humains.
Mais aujourd'hui, l'homme fait face à une épidémie plus sournoise, vicieuse et profonde. Les problèmes liés au stress sont causés par notre incapacité à nous adapter au rythme et aux demandes toujours plus grandes que nous impose la vie moderne.

D'ailleurs, il est intéressant de réfléchir à la raison de ce rythme toujours plus en spirale auquel nous sommes soumis.
Sur quoi repose la société, qui fait que nous sentons le besoin de travailler plus, ou d'étudier plus, d'être meilleur que notre compagnon (pardon, concurrent) de droite? Quelle est cette force qui nous rend aveugles, qui nous fait devenir des machines, des robots, qui nous alienie les uns des autres? Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui nous courrons sans cesse derrière des idéaux qui n'existent pas? Qu'est-ce qui a fait de l'argent une fin en soi?

martes, 15 de abril de 2008

Learning to walk




L'évolution suit son cours. Après la naissance des cervicales, puis celle des lombaires (qui s'achève vers le 8ème mois me semble t-il), le développement de la motricité de Tao suit une courbe parabolique, peut être même bien hyperbolique. Pour cela, il faudrait que je me souvienne de mes cours de maths de 1ère et Terminale, on voit quel point tout ça m'a servi... Bigre, ce qu'on apprend à l'école...

M'enfin, le système nerveux de Scraptophile commence de plus en plus à ressembler à une giga-autoroute de l'information sensorielle, et tout son petit corps devient mobile sous l'impulsion de son cerveau. La compréhension de l'espace - des 3 dimensions - est lente mais certaine. Il comprend donc de mieux en mieux certains incroyables phénomènes de "distance", "gravité", "se déplacer".

Ainsi, il marchouille déjà à l'ancienne, c'est d'ailleurs devenu son inspiration quotidienne, sa source de joie et d'apprentissage à laquelle tant d'arcs en ciel naissent en rires et bonnes humeurs.

De la même façon, Tao "gatea" (du verbe gatear, de la racine gato - chat). Je le dis un peu fièrement en espagnol, puisque la traduction française est lourde et peu aérienne : marcher à 4 pattes.

miércoles, 26 de marzo de 2008

Chute libre

45 secondes. 45 secondes d'éternité qui se consument en un instant tellement intense que nul ne sait s'il fut long, rapide ou court. Encore une fois, le temps nous joue des tours. Notre conscience linéraire nous incite à mesurer ce temps sous forme d'unité de longueur, de longévité. Pourtant, quand on se rapproche de l'essence du moment et de son intensité, toute mesure disparait et il ne reste qu'une irrationnelle et non mesurable expérience. Le cerveau arrête de mesurer, de comparer, de mémoriser. Enfin, il vit!

Sauter d'un avion en plein ciel, à 9300 pieds. Sur la droite, l'Acongua et les Andes enneigées, sur la gauche l'immensité du Pacifique. En dessous, les champs et la route que l'on distingue à peine, minuscules. La montée dure 20 minutes. 20 minutes terrorisantes berçées par le bruit du moteur, les vues spectaculaires, et le froid qui peu à peu nous envahit. L'absence de porte du vieux zinc pourri qui nous trimballe rend l'atmosphère encore plus envoutante, et la tension encore plus palpable.
Le cerveau et la pensée tournent à plein pot, cherchant une voie de sortie à ce qui se prépare. Le système endocrinien produit de l'adrénaline en excès, et le rythme cardiaque s'accélère chaque seconde un peu plus. Le système nerveux travaille à plein poumons : le long de ma colonne vertébrale se transforme en véritable autoroute de l'information sensorielle.
Seule la respiration me permet de rester calme, parfaitement conscient et, au final de savourer toutes ces subtiles manifestations de stress qui se bousculent en moi. La respiration est une porte vers l'intérieur. Elle est mon seul allié. Celle qui me permettra de profiter et de ne pas partir dans un rejet panique de mon cerveau lors de la chute libre.

Damned. C'est à nous. L'instructeur auquel je suis attaché me pousse vers la sortie, et me suspend dans le vide. A partir de maintenant, ce que je vous conte n'est plus qu'une vague intuition, une sorte de souvenir irréel bouleversant. La puissance de l'instant a tout effacé, et la mémoire devant ce cataclismique moment n'a pu effectuer son devoir de back up. Pureté et liberté. Voilà où nous sommes. Et voilà pourquoi cela s'appelle chute libre.
Il m'a dit d'ouvrir, j'ouvre. Dès qu'il nous lache dans le vide, j'écarte bras et jambes. Peut être un peu trop passionnément, car le coup de rein nous fait partir en une vrille vers l'avant. Oh, l'avion là, qui s'en va... Et là! Les Andes! Le sol... Et l'océan...!
Enfin nous nous stabilisons, et traversons les couches de la stratosphère à 160 km/h. Je sens les degrés de température au gré de la descente. On vole... on danse dans le ciel!

Puis, la rupture. Le parachute s'ouvre. En 2 secondes, on passe de 160 à 20 km/h... Et commence alors un lent vol aérien, suspendu dans le ciel, à savourer l'intensité intégrale de ce qui se passe en nous.


Par la suite, ce sera le tour de Daniela. Toute cette aventure fut pour son cadeau d'anniversaire de 30 ans. Cadeau empoisonné...
J'observe le ciel avec préssentiment... et tout à coup, je les vois! Je vois Dani tomber, chuter, danser dans le ciel. Je la vois traverser cet immense univers bleu à une vitesse incroyable. Tel un point noir sur fond bleu clair, et l'avion qui s'éloigne au loin.

martes, 11 de marzo de 2008

Scraptophile

Je vous présente le dernier né de la fusion de mes mondes parasympathiques et sympathiques : Scraptophile...
Tao est l'inspiration de cette contine musicale, qui nous emmène dans l'univers de Scraptophile, un petit piraña de lait très coquin qui dévore la vie de ses deux dents.

Tao (ou scrapto) : lui-même
Steph : flutes, envolées lyriques, tirades utiles et inutiles, chants d'hommes et de femmes, percussions, tectonique cérébrale
Dani : elle-même

Je vous conseille l'écoute au casque, car le son est roots...

PS : je suis particulièrement fier de mon habileté - je le dis sans gêne - et estomaqué par les possibilités illimitisantes du monde labyrintaire de l'informatique Mac... je suis arrivé à faire un morceau de musique, le transformer dans un fichier plus ou moins standard, mais franchement adéquat, afin de le stocker sur un site hôte, pour que l'on puisse l'écouter sur ce blog

Tant de souffrances et d'incompréhensions récompensées, ainsi on aime la vie!


Scraptophile


Pousseant ses nageoires au maximum,
A la découverte de l'homme,
Pas plus haut que trois pommes,
Scraptophile

Scra - scra - scraptophile!

Dans les rivières et dans les cours d'eau,
A fond la caisse et à plein pot,
Le plus féroce et le plus agile,
C'est bien lui c'est scraptophile

Scraptophile,

Verbes, mots et vers
de nos hémisphères

You've got to give it up and get into that feeling
You've got to stop it all around and listen to Scraptophile
Please make some space, and free your mind,
Scraptophil is who's good and right

Free your soul
For the good and right
Free your soul
For scraptophile

lunes, 18 de febrero de 2008

La ballade du pacifie





Contine

J'ai pris la bleue. Maintenant, je me souviens. J'ai choisi de me libérer, et de vivre la réalité. J'ai choisi d'arrêter de penser à moi, d'arrêter de suivre les injonctions et les obligations qui ont depuis toujours guidé mes pas. J'ai choisi de respirer, d'écouter. Et j'ai choisi d'observer, et de faire attention.
Alors, j'ai vu.
J'ai vu que la réalité ressemble au monde des contines enfantines que l'on me lisait étant enfant. Les prairies vertes, s'étendant sous l'immense ciel bleu, les moutons paissant en paix sous le soleil éternel... Les couleurs si binaires, qu'elles ont été crées ainsi par la plume divine.
Les dessins animés... et les histoires absurdes de tous les livres dont l'unique objectif est de faire voyager, de susciter en l'enfant un élan créatif, subtil flirt d'une mémoire toute récente et d'un imaginaire gigantesque.



Mais les mots restent des mots, et l'important est l'émotion de la réalité, celle là même cristalisée en cet instant délicat qui est né au moment où nos yeux ont touché ce divin décor, et qui est mort instantanément. L'attention nous a permis d'entrevoir, puis... rien. Tout ce qui vient après compte t-il?



L'instant que vit l'enfant où il est intégré totalement à l'objet de son attention... cet instant s'appelle méditation. Lorsque parfois, en des moments de grâce, cet état d'âme nous touche, étonnante est alors la perception. Tout est couvert d'amour, comme dans un conte enfantin.

Onirisme fugien - en do majeur

Terre de Feu, ou lointaines étendues oniriques? Es tu réelle, ou appartiens tu au monde oublié de mes rêves, royaume isolé de mes plus profonds désirs et de mes peurs les plus oubliées?
Tes couleurs ne sont que trop réelles, notre perception n'est que trop nette... Chaque photon est si parfaitement illuminé que la clairvoyance semble partout se propager. Colourful rainbow.
Ton vert est si vert, ton bleu est si bleu et ton blanc si blanc que j'en viens à douter de ta réalité. Existes tu réellement, ou n'es-tu que le reste perdu des mes idéaux enfantins?



Combien en ai-je pris? En ai-je pris?
Ai-je pris la pilule bleue, ou la rouge? Ai-je pris une pilule?

Lointaines epoques

En un vol qui semble éternel, le condor tache le ciel de sa présence immobile. De la naissance des Andes à la naissance d'un continent, il règne en un royaume si vaste que le temps et l'espace le lui ont abandonné, tel l'héritage sacré né des cendres de la terre.



En ces lieux désolés résonne une solitude si profonde que le vide semble s'acaparer chaque chose pour en faire sa création. Alors, cet immense espace qui existe en nous, répond de sa douce vibration à l'appel de l'infini.

martes, 5 de febrero de 2008

Headin' south


Ici-bas, le lago blanco, à côté duquel nous campâmes une nuit. A cette longitude, la population devient très rare, et nous affolons la boussole que d'ailleurs nous n'avons pas. Qu'il est bon de fuir l'homme et d'embrasser ainsi les étendues naturelles!

Les ciels fugiens, repaires des anges



A travers la terre de feu

Une des nombreuses "Estancias", les propriétés locales, qui constituent les seules habitations de la région.


Un des nombreux lacs ornant la plaine fugienne.

domingo, 3 de febrero de 2008

Destination australe

La Terre de Feu naît de l'autre côté du détroit de Magellan. Immenses étendues insulaires qui se décrochent peu à peu du continent, cette immense presqu'île constitue les derniers remparts de terre avant la fin. Si l'on regarde un compas, on s'apperçoit également que l'aiguille pointe dangereusement vers le sud. Nous entrons dans les profondeurs australes de la planête. Le ciel s'ouvre peu à peu, comme pour mieux signaler qu'ici c'est son domaine, et qu'il y règne depuis toujours.



Les premières impressions en ces paysages infinis nous viennent encore une fois de la lumière. Encore plus blanche et lumineuse que jamais. Un simple regard se charge ainsi en billiards de photons flottant dans de blanches vibrations.

viernes, 1 de febrero de 2008

Le maitre des clefs

Suite à ce long périple à Torres del Paine, nous revoilâmes plongés dans l'ambiance amicale du pueblo limitrophe : Puerto Natales, dans lequel il est certain, de nombreux épisodes ont franchi les portes du réel pour se perdre dans de lointaines errances spaciales. Nous ne serions guère épargnés, mais nous le saurions que plus tard. A cet instant, nous savourions de goûteuses viandes locales en dégustant toute la fierté et le caractère du vin chilien...

Perdu entre de glorieuses terres sauvages et les avancées glaciales du détroit de Magellan, Puerto Natales accueille une foule innombrable et étéroclite de voyageurs excités. Aventuriers, touristes, scientifiques préparant quelques expéditions en Antarctique, ou encore sportifs lorgnant sur de nouvelles conquêtes, tous cotoient un peuple chilien accueillant et agréable, beau reflet de la nature de l'homme cotoyant les espaces immenses de la Terre.



Dans ce genre d'endroit, tant d'histoire ont du être écrites, qu'il nous suffit de nous laisser porter par les vents de l'intuition et de la casualité. Le hasard, ou en tout cas la force qui réside sous ce mot réducteur, entreprend ensuite de tisser sa toile titanesque. Nos pas nous menèrent ainsi à un temps où fantômes et flibustiers, pirates et spectres se sont réfugiés dans le vent et l'air, et hantent désormais chacune de nos inspirations.



Pas étonnant alors que la suite de l'histoire, nous ne en souviendrions plus que par rêves, bribes ou flashbacks. En effet, tout ce qui se passa là bas appartient aujourd'hui au monde de l'inconscient et du surnaturel. "El Ruperto", repaire des évadés locaux et paradis de l'extase : tant d'âmes y ont voyagé, qu'en ce lieu flotte encore un parfum de récifs. Nul phare ne te prévient du danger, ainsi tu y es seul et ton abandon y est total.

"Par là, compadres!" s'était exlamé Jos, et par là nous allâmes. Une fois devant le rade, nous sentîmes en poussant la porte, que nous pénétrions dans le repaire des sbires de la défonse et que ceux-ci avaient laché leurs lions.
Pourtant, le bar était quasi désert, la tempête ne frapperait certainement pas par cette nuit... Décontractés, nous avançâmes vers le bar et y prîmes position. Le comptoir en bois y était chaleureux, et nos carcasses fatiguées s'y accoudèrent avec délectation. Smiles, rires francs et sympathie flottaient autour de nous, comme une aura lumineuse, et entreprirent de cordialiser profondément notre rencontre avec le propriétaire des lieux...

Il nous accueilla en chilien, parlant à toute vitesse. Ses mots pouvaient parfois dépasser sa pensée. Un aficionado du trip et de la tchatche, il nous fallu quelques minutes pour comprendre que cet intriguant personnage était un angliche. Je crois que personne ne se souvient de son vrai nom, comme si le vent et le froid l'avaient emporté à tout jamais, et que tout le monde se satisfait de son surnom : Slowly. De sa voix mystérieuse il nous explique "well ya, fuckin´hell, it's true, I can't speak like tha´ , y´know".
Allègres, nous nous emportâmes à demander à notre sympathique hôte qu'il nous mette une tournée de pisco sour, le breuvage national. Comment allait t-il s'en sortir, me souvins-je avoir pensé alors... Il les fit lui même, à l'ancienne, appliqués et sévères : 3 excellent pisco sour qui nous accueilleraient petit à petit dans le domaine doux et cotonneux de l'ivresse.
Et là, la conversation avec notre cher Slowly reprit de plus belle. Cet homme disposait d'un point de vue divinement intriguant : patron d'un rade à Puerto Natales, repaire d'une multitude de potentiels en puissance à écrire du roman. A quoi ressemble le monde, vu d'ici?
Nous décollâmes à chacune de nos tirades, et celles de Slowly nous emportaient si loin, que chaque retour nous valait une nouvelle rasade de sa délicieuse confection. Le pisco sour faisait son petit bout de chemin, et la candeur et la fraicheur de nos âmes se ressourçait avidement.
Et puis soudain, Slowly eut le mot de trop. Celui qui fait basculer un fragile équilibre vers les extrêmes, et les emporte dans les gouffres de la condition humaine. "Tha´s for the house!", il nous payait son godet. En quelques minutes, il nous confectionna l'arme de destruction massive la plus puissante que je n'ai jamais vu. Ingrédients simples et détonnants : vodka piment. Easy and cheap, fuckin´efficient.
Il en servit quatre, il nous accompagnait. Il lança d'ailleurs les hostilités en s'envoyant one-shot son propre mélange. Nous dûmes ainsi le suivre, et vider à notre tour ce godet maléfique.
Je me souviens encore du flirt de mon palais et de la boisson : la force et l'amertume de la vodka se noyèrent en un souffle épicé. Dans ma bouche régna parfaitement le divin équilibre entre puissance et fulminance, vapeur et moiteur. Une danse si envoutante que pendant un temps mon cerveau s'embruma totalement, ne sachant s'il devait lancer des signaux de détresse à mon corps ou s'il devait s'abandonner profondement en une soumission absolue. La montée qui s'ensuivit fut si abrupte que toutes les pores de ma peau se mirent à réclamer intensément un air qui se raréfiait de seconde en seconde. Les connections cérébrales de mon hémisphère droit lachèrent, et je me laissai porté par les fantaisies et l'absurdité de la perception du demi-cerveau qui devait me rester.
Un sorcier de la picole. Seul un magicien de la fonsedé pouvait se permettre la simplicité d'allier vodka et piment pour t'accueillir dans le gouffre qui était le notre. En quelques secondes, Slowly nous avait transformé en l'ivrogne du village d'un roman irlandais.

Nos coudes se firent soudainement plus souples sur le comptoir. Les muscles de nos visages se relachèrent, la langue profondément relachée sur le palais inférieur. De la salive, beaucoup de salive. Nous atteignions le débit dramatique de 7 synapses par seconde. En ce laps de temps, pas moins de 14 neurones étaient privés de connection, privés les uns des autres, annihilant ainsi le trajet de l'information dans notre grande enveloppe charnelle. Dans de grands rires niais, nous faisions mine de suivre les conversations, pourtant nos esprits embrumés devaient à cet instant trinquer avec toute une taverne de saoulards dans un rade des caraibes.
Dans un élan d'oxygène, je parviens parfois à glaner quelques thèmes que nous discutâmes : "el ruperto", rade des rades est connu dans le monde entier. Le frère de Slowly, reporter baroudeur s'est pris plusieurs fois des claques monumentales au cours de ses périples en rencontrant aux quatre coins du monde des brigands et des prêtres habitués du spot du frangin. Une des histoires dont Slowly est le plus fier est que son frère un jour naviguait en mer de chine dans un navire de la marine russe... dans ce genre d'entreprises, il est évident que la plupart des protagonistes ont déjà vu du paysage. Au cours de discussions sauvages sur les sphères perdues de notre planête, le cap horn joue un rôle de dragon, et El ruperto en est le gardien des clefs...

martes, 22 de enero de 2008

Vers le camp de base



Et puis les jours se sont déroulés, les étapes ont continué d'exhiber leurs paysages ahurissants d'énergie fraiche et sauvage. Et toujours, ce vent soufflant avec force et éclat, venant expliquer doucement au creux de ton oreille, que le froid est son père, et qu'en famille ils se glissent en toi...
Devoré parfois par les éléments ou plutôt par leur vigueur, il n'en reste pas moins que cette lente et longue marche fut une splendeur au niveau de l'alegresse. Longeant ce lac interminable par des sentiers à flanc de montagne, nous vîmes des lieux calmes et tranquilles, sidérants de beauté... L'ambiance fraternelle qui régnait entre nous également, apportait le dièse final à cet accord aux fortes racines majeures. Nul besoin de communiquer pour partager ces délices naturels. La seule présence des 2 autres nous réconfortait, nous énergisait en amour positif, source à laquelle des smiles interminables innondaient nos mines réjouies. Nous avancions avec envie, avec passion dans chaque instant. Etonnante est alors la perception de la vie! Tout change.

lunes, 21 de enero de 2008

De glace et de feu



Les glaciales eaux patagoniques et les fulminances solaires d'un ciel bouleversé enchantent les alentours. Prise entre le feu et la glace, comment la terre parvient-elle encore à se dresser fière et farouche?

Torres del Paine





viernes, 4 de enero de 2008

Les fils du vent

Un soir, après l'arrivée au camp, le montage de tente et un repos émerite, nous partîmes en excursion autour du campement, afin de découvrir les environs. Le gré de nos pas nous amena à bifurquer sur un petit sentier des dames, qui sentait bon la randonnée à cheval. "Par là!" nous exclamâmes nous en refrain...
L'heure idéale glissait lentement en cette fin de journée somptueuse. Les tons et les couleurs variaient en de gracieuses voluptés visuelles. Chaque rayon de soleil dansait en un spectre de perfection luminaire, cristallisant chaque corps existant en un prototype unique de l'existence. Notre escapade curieuse prenait de fortes connotations divines.
Pourtant, au loin à l'horizon, grondait le rugissement affamé des orages, menaçant de toute l'obscurité massive de colonnes nuageuses, pénétrant le ciel pour aller prendre leur source dans je ne sais quelle strate stellaire. Le rythme du monde entrait dans sa danse.



Par instant, notre calme promenade était agitée par d'impressionantes salves de vents qui venaient se briser sur tout ce qui leur faisaient obstacle. Comment retenir le vent, frère de liberté sidérante?
C'est en arrivant sur le lac, que nous comprîmes intuitivement l'apocalisme de l'instant qui prenait son élan, porté par les premiers pas de la danse du monde. Les éléments, libérés de leurs chaînes par je ne sais quelle alignation astrale, nous proposaient une valse que nous ne pouvions leur refuser. Sous nos yeux d'êtres de néant, la farandole de l'univers chavirait l'espace et le temps pour nous englober dans sa chorégraphique prestance.



Tout à coup, une éclaboussante lumière nous enveloppa, comme pour mieux cacher sa disparition. Des trombes d'eau se dessinèrent à un horizon pourtant pas si lointain. Et soudain, nous les vîmes.
Nous vîmes les vents se mettre à danser, emportés par une énergie fulminante. Leurs mouvements en elipse avançaient avec grâce sur la surface du lac. La musique ne nous parvenait pas, pourtant nous l'entendions : l'orchestration divine de ce qui reste à aujourd'hui le ballet le plus gracieux auquel nous ayons assisté. La nature le créait, nous l'observions.
Il m'apparaît maintenant une clarté sereine sur une definition de l'art. Qu'est-ce que l'art sinon une tentative de reproduction de la nature? Ou en précisant, une perspective de ce que nous ressentons à son contact, ou par son biais. J'entends encore les mots de Vave entre deux actes de cette magie : "c'est la performance artistique la plus parfaite que je n'ai jamais vu..."

Les fils du vent 2

Rien. Nous ne sommes rien.
Infimes particules de poussière d'eléments, nous participâmes à la sauvagerie des immobiles mouvements d'énergies, et nous fîmes entrainés dans l'ordre de la nature. Dans son sillon, son rythme.
Les assauts magiques de ces colonies de vents s'abattaient avec fracas sur toute la nature environnante. Les arbres, les pierres, la terre et l'eau se fondaient en cette bouleversante danse. Le temps s'arrêta, car il nous dictait sa partition.





Puis la mesure prit lentement une majestueuse couleur majeure. Le tempo diminua, le son se velouta d'une robe spacieuse. Le vent se calma soudain, les nuages déjà s'étaient dissipés, le soleil apparût.