Scraptophile

martes, 22 de enero de 2008

Vers le camp de base



Et puis les jours se sont déroulés, les étapes ont continué d'exhiber leurs paysages ahurissants d'énergie fraiche et sauvage. Et toujours, ce vent soufflant avec force et éclat, venant expliquer doucement au creux de ton oreille, que le froid est son père, et qu'en famille ils se glissent en toi...
Devoré parfois par les éléments ou plutôt par leur vigueur, il n'en reste pas moins que cette lente et longue marche fut une splendeur au niveau de l'alegresse. Longeant ce lac interminable par des sentiers à flanc de montagne, nous vîmes des lieux calmes et tranquilles, sidérants de beauté... L'ambiance fraternelle qui régnait entre nous également, apportait le dièse final à cet accord aux fortes racines majeures. Nul besoin de communiquer pour partager ces délices naturels. La seule présence des 2 autres nous réconfortait, nous énergisait en amour positif, source à laquelle des smiles interminables innondaient nos mines réjouies. Nous avancions avec envie, avec passion dans chaque instant. Etonnante est alors la perception de la vie! Tout change.

lunes, 21 de enero de 2008

De glace et de feu



Les glaciales eaux patagoniques et les fulminances solaires d'un ciel bouleversé enchantent les alentours. Prise entre le feu et la glace, comment la terre parvient-elle encore à se dresser fière et farouche?

Torres del Paine





viernes, 4 de enero de 2008

Les fils du vent

Un soir, après l'arrivée au camp, le montage de tente et un repos émerite, nous partîmes en excursion autour du campement, afin de découvrir les environs. Le gré de nos pas nous amena à bifurquer sur un petit sentier des dames, qui sentait bon la randonnée à cheval. "Par là!" nous exclamâmes nous en refrain...
L'heure idéale glissait lentement en cette fin de journée somptueuse. Les tons et les couleurs variaient en de gracieuses voluptés visuelles. Chaque rayon de soleil dansait en un spectre de perfection luminaire, cristallisant chaque corps existant en un prototype unique de l'existence. Notre escapade curieuse prenait de fortes connotations divines.
Pourtant, au loin à l'horizon, grondait le rugissement affamé des orages, menaçant de toute l'obscurité massive de colonnes nuageuses, pénétrant le ciel pour aller prendre leur source dans je ne sais quelle strate stellaire. Le rythme du monde entrait dans sa danse.



Par instant, notre calme promenade était agitée par d'impressionantes salves de vents qui venaient se briser sur tout ce qui leur faisaient obstacle. Comment retenir le vent, frère de liberté sidérante?
C'est en arrivant sur le lac, que nous comprîmes intuitivement l'apocalisme de l'instant qui prenait son élan, porté par les premiers pas de la danse du monde. Les éléments, libérés de leurs chaînes par je ne sais quelle alignation astrale, nous proposaient une valse que nous ne pouvions leur refuser. Sous nos yeux d'êtres de néant, la farandole de l'univers chavirait l'espace et le temps pour nous englober dans sa chorégraphique prestance.



Tout à coup, une éclaboussante lumière nous enveloppa, comme pour mieux cacher sa disparition. Des trombes d'eau se dessinèrent à un horizon pourtant pas si lointain. Et soudain, nous les vîmes.
Nous vîmes les vents se mettre à danser, emportés par une énergie fulminante. Leurs mouvements en elipse avançaient avec grâce sur la surface du lac. La musique ne nous parvenait pas, pourtant nous l'entendions : l'orchestration divine de ce qui reste à aujourd'hui le ballet le plus gracieux auquel nous ayons assisté. La nature le créait, nous l'observions.
Il m'apparaît maintenant une clarté sereine sur une definition de l'art. Qu'est-ce que l'art sinon une tentative de reproduction de la nature? Ou en précisant, une perspective de ce que nous ressentons à son contact, ou par son biais. J'entends encore les mots de Vave entre deux actes de cette magie : "c'est la performance artistique la plus parfaite que je n'ai jamais vu..."

Les fils du vent 2

Rien. Nous ne sommes rien.
Infimes particules de poussière d'eléments, nous participâmes à la sauvagerie des immobiles mouvements d'énergies, et nous fîmes entrainés dans l'ordre de la nature. Dans son sillon, son rythme.
Les assauts magiques de ces colonies de vents s'abattaient avec fracas sur toute la nature environnante. Les arbres, les pierres, la terre et l'eau se fondaient en cette bouleversante danse. Le temps s'arrêta, car il nous dictait sa partition.





Puis la mesure prit lentement une majestueuse couleur majeure. Le tempo diminua, le son se velouta d'une robe spacieuse. Le vent se calma soudain, les nuages déjà s'étaient dissipés, le soleil apparût.

Les fils du vent 3

Et puis la page se noircit, les portées se remplirent à nouveau d'enchaînements titanesques, la partition nous plongeait à nouveau dans ses méandres turbulents. L'intensité de toute cette fusion d'émotions et de vie culminait à chaque tornade qui entrait en scène, et à chaque moment de paix.
Pourtant l'aspect crescendo de toute cette démonstration nous violentait avec passion et énergie. La puissance de l'instant nous retenait cependant, et nous immobilisait, tels deux pécheurs à qui Dieu vient glisser à l'oreille qu'ils ont vraiment 5 minutes.
Plusieurs fois, nous nous fîmes renversés par la force des tornades, et dus m'allonger à même la roche pour prendre les quelques clichés que ma pensée réclamait : "immortalise, immortalise!"



Le voyage diluvien que nous entreprîmes nous transporta tel le cocktail le plus vital, la virvoltance de la drogue la plus pure, et la santé la plus sage qui est... Adiction ? Totalement! Par contre, c'est la galère pour se réaprovisionner.

Et puis en un instant, les cieux se tournent à nouveau en un jardin d'eden calme et tranquille. Le furieux courroux du monde a une nouvelle fois été assouvi... L'extase et la grâce de la nature reprennent leur ronde.



"C 'est à travers le néant que nous voyageâmes. Et du néant, tout existe..."

Una luz blanca

La Patagonie livre de nombreux aspects remarquables, l'un d'entre eux est incontestablement la lumière et les ciels qu'elle dévoile. La proximité du pôle sud, et le trou dans la couche d'ozone ont certain quelques grains de sables mouvants à voir dans toute cette histoire. La lumière est Evangélique, d'une caresse de feu elle applatit les formes, mincit les couleurs, et embrase les contrastes en les aténuant, comme si elle désirait gommer toute différence de ton et rendre pure une page qui déjà tutoie une écarlate blancheur.



Le ciel est un éclatant miroir qui nous plonge dans l'univers. Ce que l'on a dedans, on le voit à l'extérieur.


jueves, 3 de enero de 2008

L'aventure Patagonique

La nature est de loin l'être le plus vivant et le plus merveilleux de toute l'histoire de la création. Quand il nous est possible de l'embrasser dans son éclat le plus naturel, il m'est apparu que nous nous faisons un peu plus animal. Nous abandonnons confort et conscience egotique contre instinct et intuition. Nos sens nous reviennent avec une sensibilité touchante. Et pour une fois, nous laissons notre être intérieur, celui qui aime et vit en paix, s'exprimer avec douceur et profondeur. Le monde ralentit, et ce qui est prend la place de tout ce dont nous avons l'habitude : les désirs, les distractions, les objectifs, les résultats, bref le résultat de nombreux siècles d'esclavitude de l'homme en société. "Il faut que je fasse cela" ou encore "je veux ça", toutes ces pensées qui nous éloignent chaque jour de notre véritable essence n'ont aucune prise face à la splendeur et au rythme naturel.
Aujourd'hui je comprends mieux la nature de l'homme au contact de la nature. Et il m'apparaît qu'homme et nature ont pris deux chemins divergents il y a bien longtemps. Pourtant, ne sont-ils pas faits pour vivre ensemble? En allant plus loin, et plus profond peut être, ne sont-ils pas les mêmes? L'homme n'est-il pas la nature, tout comme la nature également a une part d'homme en elle?
Quoiqu'il en soit, ces fameux exodes ruraux que l'on vit depuis quelques siècles et le développement de l'industrialisation, nous conduisent en masse vers les villes, et nous éloignent de la nature. Or quand on voit le chaos qui existe au sein de ces villes dans lesquelles nous vivons, il n'est nullement étonnant que chaque jour nous cultivons mépris, individualisme, et intolérance. L'homme semble agir comme s'il voulait s'amputer d'une part de lui même. Pourquoi renier à ce point la nature? N'est-ce pas ce que nous faisons tous en préférant vivre en ville? "Ah ben oui, mais j'ai mon travail..." ou encore "moi il me plait de sortir et faire toutes ces activités que la ville propose"... les raisons sont nombreuses. Encore une fois ne privilégions nous pas la quantité à la qualité?
Si nous réflechissons une seconde à une chose : quel est le moment le plus intense, le plus spirituel, celui là même où TOUT semble s'être arrêté, que nous ayons vécu? Où cela se passait-il? Au milieu de l'océan? Dans le désert? En escaladant une montagne? En franchissant une barrière de corail? En urinant librement à l'air libre, le vagin ou le pénis caressé par le petit vent du matin?

A peine la plume enfourchée que je me mets à tirader sur l'homme et la ville... Vivement que notre route personnelle nous emmène en des contrées paysannes. A la rencontre du Chili...



Chili, Patagonia y Tierra del Fuego... Voyage à la rencontre du bout du monde. Ces mots ne sont pas dénués de sens, et résonnent d'une signification profonde. La localisation géographique fait rêver : pointe australe des Amériques, Cap Horn, détroit de Magellan, union fougueuse entre Pacifique et Atlantique, et pas si loin... l'Antarctique.
Las Torres del Paine, destination patagonique quasi-obligatoire est un parc national légendaire, le plus prisé d'Amérique, une sorte de havre incroyable où la nature rassemble certaines de ses beautés splendides au même endroit.
De longues et lentes plaines entre lesquelles coulent inexorablement des lacs éternels. De somptueuses forêts naissant à la lisière de montagnes minérales. Tout proche, des troupeaux de guanaco paissent tranquillement une herbe rafraichie par la pluie quotidienne. Au dessus de nos têtes et des sommets andins, des condors marquent leur territoire royal d'un vol immobile.
Les vents, véritables maîtres des lieux, soufflent d'une liberté palpable. Et de leur rythme inné change tout le décor austral d'une terre grandiose. Espaces de pureté, en changement constant, une partition qui s'écrit magnifiquement chaque seconde au rythme de la terre, au rythme de l'univers.



Une aventure de chaque instant. Un road movie ... à pied. Le trekking est en soi une forme magistrale de déplacement et de découverte. Parés de nos 15 à 20 kg de bordier sur le dos, nous avons cheminé lentement à travers le massif des Torres.
Bercés par le rythme de la nature, nous avons exploré les sentiers longs et sinueux de cet incroyable endroit. Le soir, après des journées bien remplies en instants mémorables, le froid de la tente nous endurcit et la chaleur d'une gamelle au réchaud nous rapprocha. Joseph et Vave, mes deux compagnons de toujours, ce fut un régal de marcher à vos côtés. Mike Worms était là lui aussi, avec nous!



A travers le dédale magistral de massifs montagneux, nous cheminâmes. Des étapes de 15 à 20 km dans cet espace immense nous permirent de savourer chaque pas vers un inconnu merveilleux, et de nous retourner enfin : "nous venons de là bas, entre cette montagne et le bout du lac que nous voyons sur la gauche". Lentement, le paysage changeait, et nous avec. Telle une fraternité de randonneurs, nous eûmes pu rencontrer des troupes d'orques ou des convois elfiques, ou encore Gandalf cavalant aux côtés de Grands Pas. Terre de Rohan, royaume du Mordor, ou Comté enchanteresse, il y a bien de tout ça en Patagonie.