
Salut moi,
Nos tchatches me manquent, mon frère. Je t'avoue qu'ici, ca m'aurait bien fait du bien que de partir dans nos tirades enflammées, et ainsi pouvoir sortir un ou deux gros bordiers coincés au fond de mon ego. La vie se poursuit, et c'est un peu par catapulte que petit à petit il me semble falloir réussir à enjamber chaque jour de nouvelles murailles sans doutes érigées par le plus profond spectre qui réside en moi.
Roger Waters, éminent songwriter de Pink Floyd, l'écrivait lui-même l'année de ma naissance dans un opus muscial de grande classe nommé "The Wall".
L'histoire? Bah, c'est un gars qui pète un cable, qui se prend une overdose de la vie illusoire qu'il est en train de mener, qui réalise à quel point il est loin de lui même et à quel point tout le système dans lequel sa propre complaisance l'a doucement endormi, tel l'opium enchanteur, et l'a catapulté loin de lui-même. Peu à peu, notre sujet s'est construit un mur autour de lui. Un mur qui l'isole des autres, puisqu'autrui a souvent cette facheuse tendance de te révéler ta propre réalité, mais également un mur qui l'ampute de sa propre conscience. La fuite est totale, camarade : goodbye crual world, I'm leaving you.
Toute ressemblance avec chacune de nos vies est parfaitement fortuite...
En tout cas, disait Blondin, "dans la vie il y a deux catégories de personnes : ceux qui ont le pistolet chargé, et ceux qui creusent". Pour ma part, j'aurais bien le pistolet chargé si j'avais des balles, mais comme un con, j'ai oublié le pistolet dans la catapulte. Donc je creuse... et ça fait parfois du bien que de déterrer quelques cadavres putréfiants du fond de sa muraille.
L'histoire? Bah, c'est un gars qui pète un cable, qui se prend une overdose de la vie illusoire qu'il est en train de mener, qui réalise à quel point il est loin de lui même et à quel point tout le système dans lequel sa propre complaisance l'a doucement endormi, tel l'opium enchanteur, et l'a catapulté loin de lui-même. Peu à peu, notre sujet s'est construit un mur autour de lui. Un mur qui l'isole des autres, puisqu'autrui a souvent cette facheuse tendance de te révéler ta propre réalité, mais également un mur qui l'ampute de sa propre conscience. La fuite est totale, camarade : goodbye crual world, I'm leaving you.
Toute ressemblance avec chacune de nos vies est parfaitement fortuite...
En tout cas, disait Blondin, "dans la vie il y a deux catégories de personnes : ceux qui ont le pistolet chargé, et ceux qui creusent". Pour ma part, j'aurais bien le pistolet chargé si j'avais des balles, mais comme un con, j'ai oublié le pistolet dans la catapulte. Donc je creuse... et ça fait parfois du bien que de déterrer quelques cadavres putréfiants du fond de sa muraille.
Ca bouge pas mal ici, ces derniers temps ont vu arriver le debut de la chicane, donc il fallu respectivement bloquer les deux roues - à s'en ronger le frein- , tourner le tympan - écouter - et accélerer, bordel. Passer à l'action. C'est pas compliqué pourtant, mais bordel parfois, on met des lustres avant de bouger le petit doigt. A croire que parfois on a vraiment envie d'aller voir les burnes de spectre que satan doit se trimballer, avant de remonter à la surface, tout suffocant. Pourquoi est-ce si long de faire les choses? Notre ego est-il si embrumé - et spacieux - que l'on ne distingue ni la route, ni le chemin? Encore un coup de l'opium, ça...
Je me retrouve donc obligé de bouger mes fesses... je suis allé un peu jusqu'à la limite du supportable pour les gens autour de moi... Dani y compris. Du coup, dans cet ouragan de psychédélisme, à un moment il faut savoir se remettre en question... "peut-être que j'abuse?". De toute manière, quelle que soit la réponse, le simple fait de se poser la question est salvateur. Car ce recul sur soi dont on parle, cette "self-consciousness" que Waters nous glisse à l'oreille de son accent pragmatiquement british, n'est pas suffisant. On peut voir comment on agit, sentir comment il faut agir, juger ses propres actions tout comme les actions des autres, mais il y a un moment il faut arrêter tout ce cheminement tortueux de notre esprit limité. Il faut arrêter de "voir par le petit bout de la lorgnette" disait Stendhal. Et il faut retourner voir au fond de soi, et y trouver la véritable vertu, celle là même qui coule inexorablement à flots lorsque tout va bien..., et qui nous fait décupler émotions et sensibilités, et nous fait avancer un grand sourire sur le visage, peu importe le chemin qui s'offre à nous.
Je crois que très bientôt, la catapulte va nous emmener dans une nouvelle maison, un appartement, et que ce sera mieux pour tout le monde : indépendance, créativité, pistolet chargé... Mais là, c'est le début pour moi d'un nouvel apprentissage : "apprends a payer, steph" et "lache ton fric"... C'est vrai, après tout, je suis radin. Je vois ça ici plus que n'importe où.
Il me faut apprendre à être sans filet, à canaliser un esprit sans cesse en appetit féroce de sécurité, de plannification occidentale et avide de "non, plus tard... ca me servira, je veux tout garder pour quand je serai prêt, quand je serai sûr..." ... apprendre à être au présent, et à être dans l'action, là où les choses se passent, et elles se passent si vite, que je ne peux que les vivre à 200 à l'heure!
Il va me falloir apprendre à donner, à vivre avec un bébé qui n'a rien demandé, et qu'il faut nourrir et aimer! Putain, mais bon sang, ne serait-ce pas tout ce que j'ai toujours fui? Il me faut redescendre au moins dans les nuages, pour commencer à être. A être fluide et aimant comme je sens que c'est trop bon d'être. Arrêter de fuir une pseudo fin de liberté, symbole de toute l'illusion dans laquelle je me baigne avec luxure. Un luxe que je peux me permettre dans ma fuite illusoire, mais que tout le monde, et Dani la première sont déja en train de supporter, à bras le corps. Faire face à la peur, seule et unique illusion au monde derrière laquelle on se cache tant... Quelle peur? Qu'est-ce que la peur, sinon une projection de l'esprit qui met des règles partout où il passe? L'esprit lutte comme un fou pour parvenir à une illusion de sécurité : "ah, je vais garder un peu de ça pour plus tard, on ne sait jamais..." ou encore "ah non, je ne peux pas faire ça, car sinon il se peut que ..." ... il se peut que quoi? Ne sais-je toujours pas que la seule chose que je sache est que je ne sais rien?
Pourquoi sans cesse se cacher derrière la raison, ou l'aspect des choses qui semble le plus raisonnable, le plus "soft", le plus enclin à une sécurité absoluement fausse?
Pourquoi ne pas se faire un peu confiance, et juste faire la chose, sans même devoir passer par cette division qui nous affaiblit tant et nous empêche de voir, de sentir et aimer?
Bah, il est vrai qu'aujourd'hui nos esprits sont construits à l'usine, sur un tapis de production, à la chaîne, et ne sont donc que le résultat d'un conditionnement hallucinant : argent - sécurité - famille - posséder, et cela depuis des générations ... qui pèsent lourd ! Il y a quelques temps, les femmes ne travaillaient pas, ne votaient pas, et les hommes étaient les étoiles filantes et absentes d'un ciel sans lune : "rapportons tout ce qui est néccessaire à la survie des miens", car telle est la loi des âges anciens, nous apprendrait fièrement Rahan...
Wake up, steph! Des choses se passent! Où es-tu?
Je crois que je suis toujours perdu dans le dédale infini de mon esprit forgé dans les plus purs métaux anciens d'une prison unique : moi... Waters se mettrait a fredonner "I locked the door, threw away the keys, there is someone in my head but it's not me"
Ah mais... ne nous apprend-on pas à faire attention, à être bon en mathématique, savoir raisonner, être logique, être le meilleur, avoir de bonnes notes, trouver un travail, réfléchir, bien peser le pour et le contre, tourner sa langue 7 fois dans sa bouche avant de répondre, réfléchir, avoir de bonnes notes, raisonner, réfléchir... ?
Et puis petit à petit, on apprend à vivre avec toutes ces choses qui sont marquées en nous au fer forgé : notre cerveau a bien fonctionné : il a appris par coeur, il sait compter, il sait se souvenir de ce qui est bon, de ce qui est mal, il sait raisonner...
Mais on s'apperçoit que lorsqu'on vit vraiment la vie, pas celle des livres ou celle que papa et maman nous racontaient, et ben tout ne s'emboîte pas correctement... "Heu? tiens, comment ça marche?"
Et au final, on apprend à vivre avec, ou sans... On commence à sentir, on commence à voir par nous même que tout n'est pas raison ni sécurité, et que notre esprit se fourvoie bien à l'aise dans son sofa Ikéa, en sirtotant le dernier cocktail à la mode rue de Lappe...
Voila où je suis bordel! Voilà pourquoi je ne suis pas là en moi, serein, à observer une nouvelle vie jaillir, et de superbes opportunités fleurir. Je suis perdu là bas au fond du labyrinthe de mon esprit qui lutte toujours pour savoir si ce vers quoi je m'engage est sain ou non, sécurité ou non, raison ou non, bien ou mal.
Alors... n'as tu pas envie de sortir de cette division qui te ronge, et enfin plonger en toi même, et commencer a vivre une vie où tu vis l'amour et où tu es libre? Les deux ne peuvent qu'être un, en fait...N'a t-on qu'une seule peur, ou qu'une seule envie, c'est de se détruire?Est-ce si dur de un tant soit peut laisser de côté les vieux démons - ceux qui jouent toujours ce vieux même blues entêtant - pour se consacrer a sa santé d'homme qui aime?
2 comentarios:
- Quelle est votre plus grande ambition dans la vie ?
- Devenir immortel... et puis mourir!
("A bout de Souffle" - Jean-Luc Godard)
;-) Vave.
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