Scraptophile

viernes, 4 de enero de 2008

Les fils du vent

Un soir, après l'arrivée au camp, le montage de tente et un repos émerite, nous partîmes en excursion autour du campement, afin de découvrir les environs. Le gré de nos pas nous amena à bifurquer sur un petit sentier des dames, qui sentait bon la randonnée à cheval. "Par là!" nous exclamâmes nous en refrain...
L'heure idéale glissait lentement en cette fin de journée somptueuse. Les tons et les couleurs variaient en de gracieuses voluptés visuelles. Chaque rayon de soleil dansait en un spectre de perfection luminaire, cristallisant chaque corps existant en un prototype unique de l'existence. Notre escapade curieuse prenait de fortes connotations divines.
Pourtant, au loin à l'horizon, grondait le rugissement affamé des orages, menaçant de toute l'obscurité massive de colonnes nuageuses, pénétrant le ciel pour aller prendre leur source dans je ne sais quelle strate stellaire. Le rythme du monde entrait dans sa danse.



Par instant, notre calme promenade était agitée par d'impressionantes salves de vents qui venaient se briser sur tout ce qui leur faisaient obstacle. Comment retenir le vent, frère de liberté sidérante?
C'est en arrivant sur le lac, que nous comprîmes intuitivement l'apocalisme de l'instant qui prenait son élan, porté par les premiers pas de la danse du monde. Les éléments, libérés de leurs chaînes par je ne sais quelle alignation astrale, nous proposaient une valse que nous ne pouvions leur refuser. Sous nos yeux d'êtres de néant, la farandole de l'univers chavirait l'espace et le temps pour nous englober dans sa chorégraphique prestance.



Tout à coup, une éclaboussante lumière nous enveloppa, comme pour mieux cacher sa disparition. Des trombes d'eau se dessinèrent à un horizon pourtant pas si lointain. Et soudain, nous les vîmes.
Nous vîmes les vents se mettre à danser, emportés par une énergie fulminante. Leurs mouvements en elipse avançaient avec grâce sur la surface du lac. La musique ne nous parvenait pas, pourtant nous l'entendions : l'orchestration divine de ce qui reste à aujourd'hui le ballet le plus gracieux auquel nous ayons assisté. La nature le créait, nous l'observions.
Il m'apparaît maintenant une clarté sereine sur une definition de l'art. Qu'est-ce que l'art sinon une tentative de reproduction de la nature? Ou en précisant, une perspective de ce que nous ressentons à son contact, ou par son biais. J'entends encore les mots de Vave entre deux actes de cette magie : "c'est la performance artistique la plus parfaite que je n'ai jamais vu..."

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